Quand les Préjugés Façonnent la Prise de Parole

La prise de parole, cet acte que l’on pourrait croire simple et quotidien, est en réalité bien plus complexe. Ce que nous disons n'est jamais anodin, et les mots sont souvent chargés des filtres et des stéréotypes que nous avons hérités et souvent sans même nous en rendre compte, nous permettons de faire entrer dans notre vie les mots qui blessent notre estime.

Les Préjugés : Un Fardeau que Nous Portons Tous

Nous avons tous et toutes, un jour, ressenti l’étouffement d’un préjugé dirigé contre sois.

"Toi de toute façons, tu t'énerves pour un oui ou pour un non ! ", "Toi avec ta tête de dealer, on

te refuse rien !", ces fameux "oui mais toi".

Les préjugés sont comme des voiles invisibles que nous plaçons, parfois inconsciemment,

sur la réalité. Ils se glissent dans une conversation, et qui, lentement, nous réduisent au silence.

Ils influencent non seulement ce que nous pensons, mais surtout la manière dont nous nous exprimons et nous nous voyons.

Quand nous laissons les préjugés prendre le dessus dans nos échanges, c’est comme si nous érigeons des barrières invisibles entre nous et l’autre.

C'est un peu le mur de Berlin ou encore le "Mur Trump" qui ne font que refléter nos propres peurs, nos propres insécurités.

Lorsque nous jugeons l’autre, n’est-ce pas nous-mêmes que nous jugeons ?

Prenons l'exemple d'une réunion de travail. Si un collègue prend la parole, mais que nos préjugés nous disent que cette personne n'a pas de légitimité à parler, nous avons tendance

à l'ignorer, à ne pas l'écouter véritablement, voire à discréditer ses idées.

Quelle insécurité cela nous montre t-il ?

La Destruction par la Parole : Quand les Mots Blessent

Nous ne faisons pas que blesser l’autre. Nous nous trahissons également. Nous révélons nos propres limites, celles que nous avons imposées à notre capacité à comprendre, à aimer, à accepter. Et ainsi, la parole qui devrait être libératrice devient un outil de destruction.

Par exemple, faire une remarque stéréotypée sur l’origine ou le genre de quelqu’un, même sous couvert d’humour, c’est renforcer l’idée que cette personne n’a pas sa place dans la société. En tant qu'orateurs, nous avons la responsabilité d'examiner et de déconstruire ces schémas de pensée avant qu'ils ne s'infiltrent dans nos paroles.

Car une parole biaisée n'est jamais neutre, elle divise, elle exclut.

La Communication Empathique : Un Remède aux Préjugés

Pour que notre parole devienne une source d’inspiration, elle doit être débarrassée de ces filtres invisibles. Nous devons apprendre à écouter. Non seulement l’autre, mais aussi nous-mêmes. Car, au fond, si nous jugeons tant, c’est que nous n’avons pas pris le temps de comprendre, de ressentir.

Et si nous n’avons pas su tendre une oreille attentive, comment espérer que nos paroles

soient justes ?

« Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) », disait le psychiatre Marshall Rosenberg. Et choisir ses mots avec soin, c’est ouvrir des fenêtres vers l’autre, vers la compréhension et l’empathie.

Une parole libérée est une parole qui ose être vulnérable, qui ose se montrer telle qu’elle est, avec ses imperfections, ses doutes, mais aussi son authenticité.

Vers une Parole Libérée

La prise de parole est un acte puissant, mais fragile. Elle nécessite d'être maniée avec soin, comme on prend soin de soit ou des personnes que l'on aime.

En prenant conscience de nos préjugés et de leur impact sur nos paroles, nous pouvons transformer notre manière de communiquer et créer des dialogues plus constructifs.

Parler, c’est aussi se libérer des chaînes que nous nous imposons inconsciemment.

Se défaire des préjugés que nous avons sur les autres, nous parvenons également à dénouer ceux que nous avons sur nous-mêmes.

C’est alors que notre parole devient plus libre, plus authentique, et surtout, plus humaine.

Car il n’y a rien de plus beau qu’une parole qui vient du cœur, qui vibre avec sincérité.

Alors, libérons-nous de nos préjugés. Apprenons à parler avec respect, à écouter avec attention, et à comprendre avant de juger. Car une parole qui guérit, qui rassemble, est une parole qui a su d’abord se libérer de ses propres chaînes.

Anne Van den Sande

Conférencière "La Prise de Parole n'est pas une Prise de Tête"

Formations Happy Talk



NEWSLETTER

Vous voulez recevoir des astuces, des exercices & des challenges 1X par mois

Abonnez-vous maintenant 😁